La Turquie et l'Allemagne s'engagent à améliorer leurs liens tendus

15 février 2018 à 20h44 - 2301 vues

Le Premier ministre turc et la Chancelière allemande tiennent une conférence de presse conjointe à Berlin

BERLIN / ANKARA (AA) - Le Premier ministre turc Binali Y?ld?r?m et la Chancelière allemande Angela Merkel se sont engagés jeudi à améliorer les relations tendues entre les deux pays après des tensions de plusieurs mois entre Ankara et Berlin.

S'exprimant lors d'une conférence de presse conjointe avec Merkel à Berlin, Yildirim a appelé à un dialogue intensifié et à une solidarité plus forte dans la lutte contre le terrorisme.

"Le PKK est une organisation terroriste. Le PYD / YPG est une organisation terroriste.

"En fait, le YPG est la branche syrienne du PYD / PKK. Cela est également confirmé par les services de renseignement britanniques et américains.

"Quels que soient leurs noms, leur but principal est de violer la paix dans la région et de créer de nouveaux domaines problématiques", a-t-il déclaré, ajoutant que la Turquie souhaitait voir le soutien de ses alliés.

Le Premier ministre a également déclaré que la détermination affichée par l'Occident dans sa lutte contre Daech devrait également être affichée dans la bataille contre les organisations terroristes PYD / PKK et YPG.

La Chancelière allemande a salué la première visite du Premier ministre turc à Berlin et a soutenu le besoin de dialogue pour améliorer les liens.

"Je crois que cette visite est un signal, montrant que les deux parties ont un intérêt à améliorer les relations germano-turques", a-t-elle déclaré.

Mais elle a également reconnu que des questions difficiles étaient à l'ordre du jour des relations bilatérales.

"Nous devons poursuivre nos discussions intensives", a ajouté Merkel.

 

Le droit de la Turquie à la légitime défense

Malgré l'opposition poussant le gouvernement allemand à exercer plus de pression sur Ankara en raison de l'opération antiterroriste en cours dans le nord-ouest de la Syrie, Merkel a souligné que la Turquie se réservait le droit de légitime défense.

"Tout comme dans tous les pays, bien sûr, la Turquie a le droit de défendre ses intérêts en matière de sécurité", a-t-elle déclaré.

Cependant, elle a exprimé sa préoccupation face aux tensions croissantes entre les alliés de l'OTAN, les États-Unis et la Turquie, en raison du soutien de l'administration de Washington au groupe terroriste PKK / PYD dans le nord-ouest de la Syrie.

La chancelière allemande espérait qu'Ankara et Washington surmonteraient leurs divergences et parviendraient à un accord.

Yildirim a souligné que l'objectif de l'Opération Rameau d'olivier était non seulement de protéger les citoyens turcs, mais aussi de sécuriser les frontières de l'OTAN et d'empêcher un afflux massif de réfugiés vers l'Europe.

Ce n'est pas la Turquie qui a déclenché la guerre en Syrie, mais c'est la Turquie qui continue d'en subir les conséquences et qui abrite aujourd'hui 3,5 millions de réfugiés sur son sol, a ajouté le Premier ministre turc.

Les liens entre Ankara et Berlin ont été tendus depuis le coup d'état défait en Turquie en 2016, car les politiciens turcs ont fortement critiqué leurs homologues allemands pour n'avoir pas montré une forte solidarité avec le gouvernement turc contre la tentative de prise de contrôle militaire.

Ankara a critiqué Berlin pour avoir accordé l'asile à plusieurs coupables ou suspects, fermant les yeux sur les groupes illégaux et les organisations terroristes comme le PKK et le FETO, qui utilisent l'Allemagne comme plate-forme pour leurs activités de collecte de fonds et de propagande.

Les politiciens allemands, d'un autre côté, ont exprimé leurs inquiétudes sur la liberté de la presse et les droits de l'homme, et critiqué les enquêtes à grande échelle sur FETO, qui a orchestré le coup d'État défait en Turquie.

 

Ümit Dönmez